Bitrix24 ouvre Alaio Vibecode à l’ensemble des métiers. La plateforme permet de créer une application sans écrire de code, depuis l’espace de travail Bitrix24. Un collaborateur décrit son besoin en langage naturel, un modèle d’IA produit l’application et celle-ci se déploie sur un serveur isolé avant de rejoindre le catalogue interne de l’entreprise, où les droits d’accès sont attribués individuellement.
La pratique consiste à confier l’écriture du code à un modèle d’IA et à juger le résultat plutôt que la syntaxe. Elle ne concerne plus seulement les équipes techniques. Selon le rapport State of Vibe Coding publié par Vercel, 63 % des utilisateurs de ces outils ne sont pas développeurs. Ce sont des responsables commerciaux, des professionnels des ressources humaines, des chefs de projet, qui formulent une demande et laissent le modèle générer l’application correspondante.

C’est le terrain que vise Alaio Vibecode, avec une différence de taille par rapport aux plateformes grand public. L’application produite ne vit pas à côté du système d’information, elle naît dedans.
Créer un outil sur mesure supposait jusqu’ici de choisir entre trois voies : passer par un prestataire, recruter un développeur ou se rabattre sur un logiciel générique qui ne colle jamais tout à fait aux processus de l’entreprise. Alaio Vibecode en ajoute une quatrième, où la demande se formule en français courant.
Un responsable commercial monte son propre suivi de stocks, une équipe RH construit son portail d’intégration, un chef de projet assemble un tableau de bord calé sur ses indicateurs. Les demandes ressemblent à des phrases du type « créer une application avec base de données pour gérer l’inventaire ». Le génie logiciel complexe continue de réclamer une intervention humaine sur la logique métier et les cas limites, mais la part du travail qui peut être déléguée à un modèle augmente nettement sur les outils à objectif unique.
La création d’une application suit un enchaînement stable, documenté par l’éditeur :
L’application apparaît ensuite dans le profil du collaborateur qui l’a créée. Celui-ci décide de la garder pour lui, de la partager avec son équipe ou de l’ouvrir à toute l’entreprise.
Alaio Vibecode ne se limite pas à un fournisseur unique. Plusieurs sources peuvent alimenter la génération :
Claude Code et Codex sont des agents de développement qui se branchent sur la plateforme et pilotent la génération. Le prompt pré-configuré s’adapte au choix effectué et le passage d’une option à l’autre ne demande aucune reconfiguration, indique l’éditeur.
Les plateformes de vibe coding les plus connues, de Bolt.new à Lovable en passant par Cursor, produisent des applications autonomes. Le raccordement au CRM, à la messagerie et aux processus internes reste à la charge de l’entreprise, par API, par webhooks ou par connecteurs tiers, avec la maintenance qui va avec.
Alaio Vibecode prend le problème par l’autre bout. L’application est conçue, déployée et hébergée à l’intérieur de l’écosystème Bitrix24, et accède dès sa création aux fiches CRM, aux tâches, aux chats et au Drive, avec les droits correspondants. L’hébergement s’appuie sur une infrastructure baptisée Black Hole, dont les serveurs ne sont pas exposés à l’Internet public, et chaque application passe par un audit de sécurité automatisé avant publication, annonce Bitrix24.
Les applications terminées rejoignent un catalogue propre à l’entreprise, où les administrateurs gèrent de façon centralisée les autorisations et l’accès aux données. C’est la réponse apportée au risque le plus concret de ce type d’outil, celui de voir se multiplier des applications maison que personne ne recense.
Suivi de stocks synchronisé avec le CRM, portail d’intégration RH, formulaire de demandes avec validation hiérarchique, tableau de bord projet : la description se transforme en application fonctionnelle, avec base de données, authentification et hébergement.
Pages produit et sites vitrines sont générés à partir d’une description, puis reliés au CRM. Chaque formulaire rempli crée alors un lead ou un contact dans le portail.
Des agents connectés aux outils Bitrix24 traitent les demandes récurrentes et exécutent des actions concrètes, de la qualification de leads au routage des demandes de support, en passant par les réponses aux questions internes.
Hermes est un agent intégré nativement à Bitrix24 et alimenté par des modèles ouverts. Son déploiement ne demande pas de mise en place technique. Le serveur, le modèle, la connexion aux données et l’interface de contrôle sont livrés préconfigurés, le serveur étant provisionné dans un environnement Black Hole non exposé à Internet. L’interaction passe par le Messenger de la plateforme.
Ce qui le distingue d’un chatbot classique tient à son périmètre d’action. Il ne se contente pas de répondre, il crée un compte rendu, relance un collaborateur, met à jour un statut ou génère un rapport à partir des données du CRM. L’accès à la plateforme est inclus dans l’abonnement Vibe+.
Le vibe coding, tel que Andrej Karpathy l’a décrit en 2025, soit se laisser porter par l’ambiance et oublier que le code existe, était une approche exploratoire. En 2026, la pratique a mûri. Andrej Karpathy parle désormais d’ingénierie agentique : le développeur orchestre des agents IA autonomes avec rigueur, valide les résultats et contrôle la documentation.
C’est exactement la philosophie de Vibecode. La plateforme ne se contente pas de générer du code : elle structure le processus (clé API, prompt documenté, déploiement automatisé, audit de sécurité) pour que le résultat soit exploitable en production. Le citizen developer qui utilise Vibecode n’est pas un développeur improvisé, c’est un professionnel métier qui pilote une intention, pendant que l’IA gère l’exécution.
L’ère où seuls les développeurs pouvaient créer des applications touche à sa fin. Ce qui émerge, c’est un modèle où les équipes métier construisent les outils dont elles ont besoin, dans un cadre sécurisé, au sein de l’espace de travail qu’elles utilisent déjà.
Développeur web à Toulouse