Pendant des années, utiliser un logiciel marketing a consisté à se connecter, à parcourir les menus, à exporter les données, puis à recommencer dans l’outil suivant. Avec les assistants conversationnels, c’est de plus en plus l’agent IA qui va chercher les données et exécute les tâches. Positive l’a bien compris et lance des serveurs MCP pour trois de ses produits, Positive Surfer, Positive Iconosquare et Positive Signitic.
Le Model Context Protocol, introduit par Anthropic fin 2024, fixe un cadre commun pour relier un modèle de langage à des outils et à des sources de données externes. Un éditeur qui expose son logiciel via un serveur MCP n’a donc plus à développer une intégration par assistant, puisque tous les clients compatibles s’y connectent de la même manière.
Les kits de développement officiels du protocole (SDK), qui servent à construire des serveurs et des clients MCP, sont passés de 97 millions de téléchargements par mois en décembre 2025 à près d’un demi-milliard en juillet 2026. Dans l’édition annuelle de son enquête sur l’état de l’IA, McKinsey relève que 40 % des répondants issus d’organisations de plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires déclarent déployer des agents à l’échelle dans au moins une fonction, contre 27 % un an plus tôt.
Les PME ont rarement les moyens d’entretenir des connecteurs entre chacun de leurs outils et leurs modèles d’IA. Une suite accessible nativement aux agents leur épargne ce chantier, un même assistant pouvant intervenir à plusieurs étapes du marketing et de la vente.
Les trois serveurs MCP disponibles couvrent chacun un pan de la suite :
Ces serveurs fonctionnent avec Uma, l’IA maison de Positive, comme avec les assistants tiers compatibles. Le groupe laisse ainsi chaque entreprise libre de choisir son assistant. Positive User, la brique dédiée au CRM et à l’engagement client, rejoindra l’ensemble à partir du quatrième trimestre 2026. Les tableaux de bord restent disponibles pour les équipes qui préfèrent les interfaces Positive.
Paul de Fombelle, CEO de Positive, résume ainsi le choix du groupe : « L’interface utilisateur n’est plus le seul facteur différenciant. C’est pour cela que nos produits vont là où nos clients travaillent déjà : dans Claude, ChatGPT, Copilot ou Uma. Ce n’est pas simplement une nouvelle fonctionnalité : c’est un changement de posture. »
Dans le scénario décrit par Positive, une responsable marketing demande d’abord à son assistant « Quelles pages de notre site ont perdu en visibilité cette semaine ? », et Positive Surfer fait remonter les résultats dans la conversation. Elle lui demande ensuite de tirer trois publications LinkedIn de ces contenus et de les programmer pour le jeudi, une tâche que Positive Iconosquare prend en charge. À terme, une troisième requête pourra repérer les contacts engagés par la campagne et les ajouter à une séquence de nurturing via Positive User, dans la limite des droits accordés à l’utilisatrice.
Entre ces trois requêtes, elle n’a rien copié d’un outil à l’autre et n’a jamais eu à reconstituer le contexte. C’est la logique de la « Full Loop » défendue par Positive, dans laquelle la visibilité génère du trafic, les contenus alimentent les réseaux sociaux et l’engagement enrichit les données clients, qui servent ensuite à qualifier les leads. Avec les MCP, cette chaîne devient orchestrable par un agent IA, au sein d’une suite européenne où les données circulent nativement entre les produits.
Thomas Thelliez, CTO de Positive, y voit un changement d’architecture : « La Full Loop était une promesse : celle de faire communiquer efficacement nos produits entre eux. Le MCP permet désormais à n’importe quel assistant IA de la piloter de bout en bout. C’est toute la différence entre une suite connectée et une architecture véritablement headless. »
Sur Positive User, la consultation et l’analyse des données arriveront en premier. Les actions en écriture suivront une fois que l’authentification OAuth et la gestion fine des autorisations répondront aux standards de sécurité du groupe. Positive justifie ce calendrier par l’écart de risque entre un agent qui consulte des performances marketing et un agent autorisé à modifier des fiches CRM ou à déclencher des actions sur des contacts.
Dans tous les cas, un agent n’accède qu’aux données et aux actions autorisées pour la personne qui l’utilise. L’accès MCP est par ailleurs inclus dans les forfaits Positive existants, sans modification de contrat, sans licence supplémentaire et sans nouveau mot de passe. Les clients actuels peuvent donc brancher sur leurs workflows IA les produits qu’ils utilisent déjà.
Développeur web à Toulouse