Certaines pratiques SEO courantes restent source de confusion. Entre mythes bien ancrés, évolutions constantes de l’algorithme de Google et recommandations contradictoires, il est difficile de savoir précisément ce qui fonctionne vraiment. Pour y voir plus clair, Nity Pro lance une série d’articles avec l’expertise de spécialistes du référencement naturel.
Dans cet article, nous nous intéressons à l’impact de la rédaction par IA sur le référencement. Pour creuser ce sujet, Nity Pro a sollicité deux experts SEO : Julien Bérard, Senior SEO Strategist chez Electronic Arts, et Thomas Casiez, Head of SEO chez Meilleurtaux. En l’espace de trois ans, le volume de contenus produits à l’aide d’outils génératifs a explosé. Une étude publiée par Graphite en octobre 2025, portant sur 65 000 articles issus de la base Common Crawl, estime qu’environ 50 % du contenu disponible en ligne serait aujourd’hui issu d’une génération par intelligence artificielle. Une proportion qui aurait progressé de façon continue depuis 2020. Ce phénomène n’est pas uniforme. Il touche davantage les sites d’affiliation, les annuaires thématiques et les éditeurs de contenu à fort volume, qui ont vu dans ces outils un moyen de produire rapidement des centaines d’articles optimisés sur des variantes de mots-clés. Ces contenus présentent des caractéristiques reconnaissables : structure répétitive, formulations génériques, absence de données propres, hallucinations factuelles. Ce sont précisément ces patterns que les algorithmes de Google cherchent à identifier, via SpamBrain notamment, son système de détection du spam, renforcé depuis 2025 pour cibler les textes synthétiques produits en masse. Selon une étude Semrush croisant les données de 42 000 pages de blog et les réponses de 224 professionnels du SEO, 72 % des équipes utilisant du contenu IA estiment qu’il se classe aussi bien, voire mieux, que le contenu humain. Une progression de 8 points par rapport à 2024. Mais ces chiffres sont à interpréter avec précaution : 25 % des répondants reconnaissent ne pas distinguer les performances du contenu IA de celles du contenu humain dans leurs outils de suivi. La position officielle de Google est stable depuis 2023 : le moteur ne pénalise pas un contenu parce qu’il est généré par IA, mais parce qu’il est de mauvaise qualité, peu original, ou sans valeur ajoutée pour l’utilisateur. Ce que Google cible, c’est ce qu’il qualifie de « scaled content abuse », soit la production industrielle de contenus sans expertise réelle. Les mises à jour Helpful Content de 2022 à 2024 ont néanmoins provoqué des déclassements massifs. Des milliers de sites d’affiliation, fonctionnant quasi exclusivement sur du contenu généré, ont perdu entre 30 et 90 % de leur trafic. Julien Bérard a observé le phénomène de près : « On a pu voir Google déclasser tout un tas de sites générés 100 % par IA. En termes macro, les sites 100 % IA générés par une frange d’éditeurs de sites et autres vendeurs de liens sont devenus une véritable plaie sur le web. » Thomas Casiez confirme cette mécanique du déclassement, tout en rappelant qu’ils ne s’appliquent pas spécifiquement à l’IA. « Google ne sanctionne pas explicitement la rédaction par IA, mais pénalise les contenus sans valeur ajoutée, peu originaux ou mal optimisés », rappelle l’expert. La question revient donc putôt à savoir comment utiliser l’IA sans produire les patterns que Google cherche à détecter. Sur ce point, Julien Bérard est clair : « Pour le moment, je conseillerais plutôt de s’aider de l’IA pour la rédaction plutôt que de publier du contenu 100 % généré. Après, dans l’absolu, un texte pertinent, qui aide l’utilisateur, IA ou non, devrait se positionner. » Concrètement, il identifie deux points d’intervention humaine : soit en amont, lors de la génération, par la rédaction de prompts qualifiés et complexes, soit en aval, à l’étape de révision, pour ajouter une touche d’humanité au texte produit. L’essentiel tient donc en un mot clé : « L’humain ! Il faut ajouter de l’humain. » Pour Thomas Casiez, le vrai levier n’est pas simplement la relecture, mais l’injection d’informations inédites dans le processus de génération.
Julien Bérard, Expert SEO, Electronic Arts Julien Bérard est Senior SEO Strategist chez Electronic Arts. Spécialiste du référencement technique et des environnements internationaux, il partage ses analyses et retours d’expérience sur son média Le Muscle Référencement.
Thomas Casiez, Head of SEO, Meilleurtaux Thomas Casiez est responsable du référencement chez Meilleurtaux. Fort de plus de dix ans d’expérience en SEO, il partage régulièrement son expertise lors de conférences spécialisées.Un contenu sur deux, désormais généré par IA
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